Jamais sans toi, peut-être avec un autre…

Nous sommes là, enfin, devant les portes de ce lieu de plaisirs auquel tu m’as demandé de te convier, et dans lequel j’ai eu, il y a quelques temps, mes habitudes.

Je ne saurais dire avec exactitude à quel moment ce petit jeu a commencé. Mais nous voilà bien loin ce soir de la distance que j’avais instaurée entre nous lorsque nous nous sommes rencontrés sur notre lieu de travail. Ma situation, alors, ne me permettait pas de m’encombrer d’une attirance trouble pour un collègue de travail, et je m’étais employée, avec succès, à chasser de mon esprit toute considération inopportune qui aurait pu parasiter mon engagement envers l’homme qui partageait ma vie, tout simplement en évitant de façon brutale et maladroite de me trouver en ta présence.

Puis les mois ont passé, ma mission intérim s’est terminée, j’ai vogué vers d’autres aventures professionnelles, j’ai eu à gérer une rupture douloureuse, et je t’ai, un peu, je l’avoue, oublié. Jusqu’à ce que ton entreprise m’embauche, et que l’occasion me soit enfin donnée de collaborer plus étroitement avec toi. Nos rapports, alors, ont évolué, et de professionnels, sont devenus cordiaux, puis amicaux. Pourtant, cela n’a jamais été simple entre nous. Chacun de nos échanges, par le biais du logiciel de conversation instantanée interne ou de vive voix lors de nos rendez-vous quasi quotidiens devant le bâtiment lorsque nous nous rejoignons pour fumer une cigarette, a fait naitre une certaine complicité, un profond respect mutuel, mais aussi un désir empreint de retenue dont nos collègues ont eu conscience, je l’ai appris récemment, bien avant nous.

Toi et moi avons commencé par essayer tant bien que mal de nous contrôler, parce que tu es marié depuis de nombreuses années, et que pour ma part, je te pensais heureux en ménage. Mais à plusieurs reprises, tu m’as confié ton ennui. Pas ouvertement, non, mais par des réflexions parfois cinglantes sur tes vacances qui sont toujours les mêmes, tes amis qui sont « vieux et inintéressants », et ta femme, dont tu parles sans passion, sans jamais la dénigrer certes, mais avec une perceptible lassitude dans la voix.

Parce que tu es joueur, tu as aussi semé le doute en moi, d’une façon intelligente et calculée. Tes attentions particulières, surtout, m’ont permis de comprendre que je ne t’étais pas indifférente, parce qu’elles ont dépassé depuis longtemps le stade de celles dont on fait preuve vis-à-vis d’une simple connaissance, ou même d’une amie. J’ai lutté, pourtant, longtemps. Et puis j’ai commencé à rêver de toi, et à rêver à toi. A te chercher. Comme aimantée. Et je pense qu’il en a été de même de ton côté. Je ne sais plus lequel de nous a été l’instigateur de la chose, mais il est apparu, au bout d’un moment, qu’il fallait que l’on en parle. Et après maintes tergiversations, et parce qu’interrompus à chaque fois par des collègues qui avaient besoin de nos services, nous avons finalement réservé pour nous une salle de réunion, à l’heure du déjeuner.

Et nous avons parlé. Les yeux dans les yeux. J’ai fait ce que je n’avais fait pour aucun homme, je t’ai annoncé sans équivoque les tentations que tu fais naitre en moi. Tu m’as avoué ce que je soupçonnais déjà : la morosité de ton quotidien et de ta vie sexuelle, ton désir de moi et ton envie de découvrir mon univers léger et libertin.

Mais je ne suis plus libertine, pourtant. Je te suis absolument, horriblement, délicieusement, et absurdement, fidèle. Moi qui ai passé la première partie de ma vie à multiplier les expériences, dépassant même parfois les limites du concevable, je ne parviens plus à avoir le moindre rapport physique, depuis plusieurs mois maintenant, ce qui est assez inédit. Il m’arrive pourtant d’envisager des hommes dans des situations particulières. Je dois même t’avouer que je ne prends pas une fois le bus ou le métro sans que, durant le trajet, un homme au moins ne soit le personnage principal de vifs ébats imaginaires. Chacun de ceux que je croise sur mon chemin, pour peu que son visage me soit un peu plaisant, devient l’objet de ma convoitise et de ma curiosité. J’en ai inventées, des queues, dans ma tête folle ! Mais je ne saute plus le pas depuis longtemps.

Et malgré le désir, je ne peux, non plus, compte tenu de ce que je ressens pour toi, en ta présence, et même lorsque tu n’es pas là, me résoudre à être ta maitresse. Tu ne la quitteras pas, m’as-tu prévenu. Soit. Mais tu ne m’auras pas non plus. Et je me présente donc à toi ce soir, aux portes de ce lieu de plaisirs, avec la volonté farouche de te résister.

Nous pénétrons dans le bâtiment. Le gars qui gère les entrées nous accueille chaleureusement, et nous guide vers l’escalier qui mène aux vestiaires. Nous montons, et nous retirons nos vêtements, un peu gênés. Après tout, nous ne nous sommes jamais trouvés nus en la présence l’un de l’autre. Je trouve une échappatoire en la présence fortuite d’un casier supplémentaire, et me cache derrière celui-ci pour ne pas avoir à te regarder te dévêtir. Je ne suis pas pudique, mais je veux garder le secret de ton sexe pour plus tard.

Portant seulement nos paréos, comme le veut l’usage en ce lieu, nous descendons vers le bar. L’ambiance est tamisée, les couples discutent gentiment autour d’un verre en se jaugeant les uns les autres, sur un écran fixé au mur deux petites cochonnes se bouffent la chatte allègrement, rien d’inhabituel, quoi. Tu écarquilles pourtant les yeux dans tous les sens, en ne sachant pas où poser ton regard sans froisser quelqu’un ou passer pour un pervers attardé. Je vois ta gêne à tes narines qui frémissent. Marrant comme je te connais bien, finalement. Je te demande si tu veux faire un tour pour visiter ou boire quelque chose. Tu préfères t’asseoir et discuter un peu. J’en profite pour te rappeler inutilement les quelques règles de bienséance que je t’ai déjà énoncées dans le métro sur le chemin. Tu te détends ostensiblement, et nous laissons le temps passer. Je te laisse t’imprégner de l’atmosphère gentiment érotique, car je sais qu’une fois que nous serons montés visiter les alcôves, il n’y aura pas de retour en arrière possible.

D’un commun accord, nous abordons le jacuzzi. Nous nous débarrassons de nos paréos, et je ne te laisse passer devant moi pour rejoindre l’eau, toujours pour la même raison : je ne veux pas voir ton sexe, pas encore… et probablement pas du tout. Quelques femmes s’embrassent autour de nous, l’une d’elles vient nous parler, l’humeur est à la convivialité, et je te sens très à l’aise maintenant, ce qui me fait plaisir. Nous pataugeons un bon moment – pas de montre ni d’horloge dans cet endroit, la notion du temps devient donc toute relative – et nous prenons l’escalier du fond, pour aller jouer les voyeurs en toute impunité.

Je me sens bien dans ce club. Je suis faite pour être ici, les soupirs et gémissements qui s’échappent des chambres sont doux à mon oreille, les cris de plaisir me pénètrent jusqu’à l’âme, je ne me sens vivante que presque nue et entourée de gens comme moi, j’aime cet espace de liberté où toutes les émotions peuvent s’exprimer sans retenue, et je sens chez toi une sorte de fascination à me voir m’épanouir ainsi, c’est grisant. Nous passons devant des lucarnes par lesquelles le peu de lumière ambiante laisse apercevoir dans chaque chambre des images diverses : deux hommes assis chacun sur un lit subissent les assauts buccaux de deux femelles très excitées, une dame âgée chevauche un Noir en criant « Encore, encore, encore ! », une jeune femme allongée est assaillie de toutes parts par une horde de sauvages qui font courir leurs mains et leurs queues partout sur son corps, un homme laisse trois nanas lui sucer tige, gland et couilles pendant qu’il caresse le cul de l’une d’elles, il y a vraiment de quoi se régaler les yeux… Et la femme est reine, ici, c’est elle qui décide, qui accepte, refuse, ou initie, sans être soumise au moindre jugement négatif : cela change vraiment de l’extérieur, où pour ma part je me suis souvent sentie stigmatisée en raison de ma façon de mener ma vie.

Je ne sais trop comment prendre les devants avec toi. Je sais que rien ne doit se passer entre nous mais je sens ton excitation, et cela m’est insoutenable. Cependant l’idée qu’elle soit causée par tout ce dont nous sommes témoins, bien que me paraissant naturelle, me déplait souverainement. Je suis un peu déroutée tout à coup. Je ne supporterais pas que tu aies le moindre contact avec une autre femme. Je sais que tu leur plais. Je les ai vues, te dévisager, t’envisager. Je ne sais pas quoi faire, je suis à la fois nerveuse et confuse. Pourtant, il nous suffirait de pousser une porte menant sur une chambre vide pour passer un moment ensemble, et nous faire enfin tout le bien que nous avons envie de nous faire depuis ces dernières années. J’ai envie de tes mains. Partout sur moi. Qu’elles caressent ma peau, mon ventre, mes cheveux, qu’elles attrapent mes seins, mes hanches, mes fesses, que tu glisses tes doigts en moi, dans ma bouche, partout ailleurs. Que tu viennes – enfin ! – sur moi. De sentir ton sexe essayer d’entrer dans ma petit chatte qui, même si elle est très mouillée, est très étroite en ce moment, je veux ton souffle dans mon cou et sur mon visage pendant que tu me fais gémir doucement puis crier, je veux que tu sentes mes muscles, au fond de moi, serrer ta queue à chaque fois que tu me fais jouir, et je veux aussi sentir chaque contraction de ton sexe quand tu jouiras en moi.

Tu me demandes si je vais bien, mais j’ai un peu la tête qui tourne, peut-être aussi à cause de l’alcool. Il y a un siège au fond du couloir, situé entre deux petits murs. Je suis près de défaillir, alors tu me le désignes d’un signe de tête. Pauvre fou ! Tu ne vois pas que les cloisons sont parsemées de trous, suffisamment grands pour contenir…. Tu verras bien, ce qu’ils peuvent laisser passer ! Je reprends mes esprits, tu es debout en face de moi, position équivoque s’il en est, je distingue les contours de ton érection à travers ton paréo, je meurs de chaud, et ce qui devait arriver arrive : par une des ouvertures se glisse un sexe, tendu vers moi, qui attend que je daigne officier. Tu n’en crois pas tes yeux, et je savoure ta surprise ainsi que ce qui ressemble à s’y méprendre à de l’indignation. Je lève un sourcil interrogatif, mais je n’attends pas ton assentiment. J’avance mon visage, lèvres en avant, et dépose un baiser à la limite de la chasteté sur cette belle queue bien dure. Je t’entends déglutir péniblement, et du coin de l’œil, te voit t’avancer, moins pour voir de plus près que pour cacher de ton corps le spectacle que je vais offrir au monde. Mais je ne tiens pas compte de tes états d’âme et je n’ai que faire des miens, je redeviens en cet instant animale, et mon instinct seul me dicte ma conduite. Alors je lèche le gland luisant qui m’est présenté, et la goutte de plaisir qui ne tarde pas à poindre du méat, et je passe ma langue sur le frein, puis j’embouche cette bite comme si ma vie en dépendait. Je n’avale pas ma salive, je la laisse couler par terre, je la veux bien humide, cette queue, je vais de plus en plus loin, jusqu’à ce que mon visage touche presque la cloison, je suce, j’aspire, je pompe, j’entends ta voix dans ma tête qui m’encourage alors qu’en réalité toi tu es en train de devenir fou, immobile mais agité, et ça ne dure pas longtemps, trois coups sont frappés au mur et le foutre emplit ma petite bouche de gourmande, je le laisse couler lui aussi, il se répand au sol, sur mes cuisses et sur mon paréo, et tu laisses échapper une sorte de glapissement en posant une main crispée sur mon épaule.

Le gars me retire mon jouet. Je lève les yeux vers toi avec un sourire contrit. Ton visage blême ne laisse passer aucune expression. Une autre queue se présente à l’endroit que la précédente a quitté. Mais c’est trop pour toi. Tu murmures « Je voudrais que l’on s’en aille, maintenant ». Alors je t’obéis.

Et alors que, silencieusement, nous regagnons les vestiaires, nous rhabillons, saluons le gars de l’entrée et quittons l’établissement, j’entends les mécanismes se mettre en place un à un dans ta tête. Et j’ai la conviction subite que tu as enfin compris. Compris que, quoi qu’il se passe, quoi que tu désires, je t’obéirais comme je l’ai fait il y a un instant. Qu’il suffit que tu formules ce que tu veux ou ne veux pas pour que je m’exécute.

A la seule condition, cependant, que tu fasses de moi l’unique objet de ton désir et de ton affection.

Cela prendra du temps, peut-être. Mais guidé par le souvenir de cette soirée, tu y parviendras. Tu la quitteras. Et tu auras sûrement besoin, ensuite, de vivre certaines aventures que je ne pourrai pas te reprocher.

Mais je serai, au final, le port dans lequel tu jetteras l’ancre.

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Cent-quarante-et-un

Temps d’abstinence : beaucoup trop long, manifestement… (et 20 jours en réalité, mais consécutifs à une autre abstinence de 40 jours, pour ne rien vous cacher…)
Je ne sais pas pourquoi, au moment où il est entré dans le bus, j’ai levé les yeux sur lui. Il s’est assis au fond, juste en face de moi, là où les sièges sont disposés en carré – étrange, d’ailleurs, cette configuration, je comprends pas bien, mais tant que je peux m’asseoir pour bouquiner, c’est tout ce qui compte.

Je retourne à la lecture de mon livre, mais je n’arrive pas à me concentrer. Et je me rends compte que, de temps en temps, il jette un œil sur moi. Sans insistance, non, mais plutôt comme s’il ne pouvait pas s’en empêcher, comme pour, je ne sais pas, vérifier que je suis toujours là, on dirait. Cela éveille ma curiosité, mon intérêt, même, et je me prends à l’observer de la même manière, à la dérobée, épisodiquement.

Et je me demande tout à coup pourquoi je n’ai pas remarqué à quel point il est beau. Grand, brun, avec de jolis yeux noisette, de longs cils, le teint pâle et une petit barbe naissante du plus bel effet. Il tripote son smartphone, ses mains sont un mélange de délicatesse et de virilité, elles sont fines et blanches mais il tient son téléphone de manière déterminée, et je me surprends à…

Non, il ne faut pas.

Une dame et son enfant montent à l’arrêt suivant. Tous deux s’assoient non loin de nous. Ils sont infernaux. Le petit, qui n’a pas plus de cinq ans, s’adresse à sa mère comme si c’était lui le parent, et je pense qu’il n’y a rien dans ce monde qui m’insupporte plus que ça. Enfin si, plein de choses me sont insupportables. Mais celle-ci fait partie de mon top 10, je pense. Bref, je me replonge dans ma lecture, ou du moins, j’essaie. Mais le marmot interrompt le fil de mes pensées régulièrement, et j’ai de plus en plus de mal à me concentrer.

Et je reviens sur l’homme en question, qui, lui, est détendu, car grâce à ses écouteurs reliés à son téléphone, il n’entend pas les jérémiades incessantes du petit con malpoli à ma droite. La pâleur de son teint accentue le contraste entre sa peau et ses vêtements. Là où sa peau est nue, il semble encore plus nu que… Que s’il était nu ? Je suis un peu confuse, là, non ? Je vais essayer de m’en tenir à une observation brute, sans interprétation. Donc : son jean et son écharpe sont noirs, ses cheveux sont noirs et brillants, ils n’ont pas l’air d’être imprégnés de gel ou de substance coiffante, pourtant ils tiennent bien, en arrière et un peu en l’air, une coupe actuelle, pas une brosse, non, ils sont longs dessus, un truc à la Macklemore-mais-brun, bref, on s’en fout, il a l’air propre, il sort probablement de la douche, et il a enfilé son jean et son pull, il a peut-être un t-shirt dessous, je me demande s’il sent bon, mais non mais en fait, ça se voit qu’il sent bon, il est trop loin de moi mais j’aimerais bien pouvoir m’approcher un peu, juste un peu, et voir s’il sent aussi bon que ce qu’il en a l’air… Merde, j’ai dû le regarder avec un peu trop d’insistance, il me dévisage franchement maintenant, je suis un peu cramée. En fait, j’ai dit « l’homme en question », mais en fait, putain, qu’est-ce qu’il est jeune ! Il doit avoir, je sais pas, à vue de nez, vingt ans, peut-être un chouïa moins, mais à peine plus, c’est certain. Ce qui nous fait, dans tous les cas, une bonne douzaine d’années d’écart. Ah bah bravo Shug !

Je détourne le regard, sors un miroir de poche de mon sac pour me donner une contenance, et je vérifie mon léger maquillage. Vu que je ne porte qu’une touche de mascara, c’est rapide. Je me demande quoi faire pour patienter pendant qu’il oublie de me regarder, puis je me rends compte qu’il est revenu à son smartphone. Du coup, je peux revenir, moi, à ma contemplation fascinée. Il me semble que ça fait des heures que je suis dans ce bus, alors que le trajet me prend habituellement trente minutes, et qu’on est encore loin de la Défense. Bizarre. Ses mains, donc. Voilà. Il porte au poignet droit trois bracelets, un africain peut-être offert par sa copine, je sais même pas ce qui me fait dire ça, d’ailleurs, et deux autres, plus occidentaux, et une bague à la main droite aussi, et ses mains sont presque à la taille de mes seins, je veux dire, c’est pas qu’il ait de petites mains mais j’ai vraiment de très gros seins, mais ça va, il pourrait en contenir largement plus de la moitié, c’est intéressant. Sa bouche aussi est bien dessinée, délicate, il est vraiment beau, ou plutôt non, je me rends compte avec un petit effroi que ce qui me plait, c’est que je vois déjà à quel point il SERA beau, plus tard, quand il aura pris en maturité et en expérience, quand il aura vécu, quand sa virilité sera plus affirmée, quand il aura souffert et fait souffrir, et quand il sera devenu, peut-être, un peu connard, qui sait ?

Bref, il m’émeut. Et manifestement, je ne le laisse pas indifférent non plus, il me dévisage à nouveau, toujours pas ouvertement, mais quand même plus franchement que les premières fois, et j’ai tout à coup super chaud et je sors mon portable moi aussi et, euh, je sens son regard sur moi et je ne peux pas m’empêcher, bêtement, d’être sûre qu’il bande. C’est absurde, mais je le SAIS. Pourtant je ne vois rien, malgré sa veste ouverte, qui puisse me laisser deviner quoi que ce soit. Mais je sais, c’est tout, et ça me suffit pour m’imaginer une belle bite, longue, et bien droite, nerveuse, frémissante, tendue, pleine de jus, mais qui se retient de cracher parce qu’elle ne m’a pas encore explorée en profondeur, une jeune bite vaillante, et vigoureuse, et merde, on arrive à la Défense, mais tant mieux, quand on y pense, parce que je ne sais pas si j’aurais voulu qu’il lise dans mes yeux le désir brutal qu’il m’a inspiré.

Parce que c’est comme une révélation, quelque part. Cela fait plusieurs mois qu’il me semble que mon corps est mort, que je me sens comme souffrante de manque de libido et que je repousse tous les assauts des hommes que j’intéresse un minimum. Et là d’un coup, je me retrouve à imaginer ma langue lécher lentement son gland bien gonflé, lentement, vraiment très lentement, en laissant couler tout ma salive dessus, pendant de longues minutes, de très très longues minutes, jusqu’à ce que… ben, jusqu’à ce que je descende du bus, en fait, et parte limite en courant sans me retourner, parce que c’est ce que je sais faire de mieux depuis ces derniers mois… Tristesse…

J’ai pensé pendant plusieurs jours à ce jeune homme. Le matin sous la douche, pendant mon trajet quotidien en espérant qu’il monterait quelques stations après la mienne, durant ma journée de boulot en me tortillant sur mon siège de bureau, et surtout, surtout, le soir au fond de mon lit, avant de me faire jouir bruyamment avec mon jouet préféré qui tient toutes ses promesses et me fait toujours crier, les mains crispées et les ongles enfoncés dans l’oreiller.

Je ne l’ai pas (encore) revu.

Mais la vie est pleine de surprises, comme on le sait.

Un jour je vous raconterai la nuit torride que j’ai passée avec mon ancien voisin du dessous, dont je vous ai déjà parlé il y a quelques temps 😉

Meilleur amant que mari…

Temps d’abstinence : 24h, grosso modo…

J’ai aimé que tu viennes chez moi si vite après que j’ai changé de numéro de téléphone. J’ai aimé ce moment où j’ai lu dans tes yeux que tu ne comprenais pas que si j’en avais changé, c’était justement pour que tu ne puisses plus me joindre.
J’ai aimé comprendre soudainement que ce que je voulais en réalité, ce n’était pas que tu ne puisses plus me joindre, mais que tu viennes jusqu’ici me montrer ton incompréhension, et ta petite panique.

J’ai aimé que tu me laisses te dire tout. Que tu me laisses crier. Et te crier dessus, un peu. Et j’ai aimé que tu viennes t’asseoir sur l’accoudoir du canapé et que tu me laisses poser ma tête sur ton épaule. Et que tu caresses mes cheveux, et mon épaule nue, et qu’en glissant contre toi et en passant sous ton bras, je sente contre mon visage ton cœur battre plus fort dans ta poitrine. Et que nous nous embrassions presque par accident à la faveur d’un déplacement fortuit. Et j’ai aimé la façon dont tout s’est enchaîné, ça fait cliché mais c’est tellement vrai, on est là et on a conscience de toute se qui se passe, et l’instant d’après on a le souffle court et on ne sait même plus comment on s’appelle. Et j’ai aimé que toi aussi tu aies le souffle court et cet air égaré que je ne t’ai pourtant jamais connu, ce mélange d’hésitation et d’incrédulité, jusqu’à ce que je ferme les yeux.

Ce dont je me souviens ensuite, c’est de ta langue, qui me caresse, me pénètre, et me boit. Des grognements de satisfaction que tu n’as peut-être même pas eu conscience de laisser sortir de ta gorge. Je suis nue, déjà, mais je ne me souviens pas de t’avoir laissé me déshabiller. Tu n’es pas encore nu, toi, mais je sais que ça ne va pas tarder, parce que tu te lèves subitement, et te tiens debout devant moi, qui me suis redressée et donc assise.

Et là…

L’éblouissement, lorsque tu la sors. Toujours. J’ai beau la connaître par cœur, l’avoir sentie maintes et maintes fois partout dans mon corps, elle me fait toujours le même effet quand tu me laisses la regarder. Assise là, avec tous tes centimètres à quelques centimètres de mon visage, je mouille déjà le canapé. Qu’est-ce que ce sera lorsque je l’aurai touchée ! Je m’approche, lentement. Et je la goûte de la pointe de la langue, avant de l’embrasser un peu, et de la glisser dans ma bouche, encore et encore. Jusqu’à ce que tu prennes mes cheveux dans tes mains pour me donner le rythme. Et que je me laisse faire, bouche ouverte, malgré les bruits obscènes et la salive qui dégouline partout sur mon menton. La position, après tout, se prête à ce que je me laisse dominer sans rechigner. Je n’ai même pas besoin de t’avouer que j’aime ça, tu le sais. Et tu t’enfonces dans ma gorge, comme ça, une main tirant mes cheveux, l’autre main caressant doucement mes joues, mon menton, mes épaules et ma poitrine, comme on flatterait le flanc d’une chienne obéissante. Et pour forcer le trait, parce que je sais que c’est ce que tu veux, et parce que ça m’excite aussi, je renverse ma tête en arrière, pour mieux te laisser baiser ma bouche, et pour pouvoir te regarder dans les yeux.
J’ai aimé la sentir, si longue, si dure, et si chaude, dans ma bouche et contre ma langue, et j’ai aimé aussi, quand tu m’as dit « J’ai encore envie de te lécher, on peut monter dans ta chambre ? », et j’ai aimé, encore, quand une fois là-haut tu m’as demandé de venir sur toi, de m’asseoir sur ton visage, et de couler dans ta bouche. Et j’ai aimé aussi, que tu me fasses jouir avec tes doigts à l’intérieur de moi, et que tu me demandes de te juter dessus, en me disant « ça t’excite, hein, de m’envoyer tout ton jus dans la bouche ? »

Et puis, je ne sais plus combien de fois j’ai joui, et coulé comme ça, et puis tu es venu sur moi il me semble, et j’ai le souvenir d’avoir été tellement mouillée, tellement ouverte, que tu t’es logé en moi presque sans le faire exprès, et j’ai aimé que tu me demandes si je la voulais, avant de la mettre tout au fond, et j’ai aimé pouvoir te dire que oui, que je la voulais, que je la voulais entière, et tout au fond, et j’ai aimé que tu me la mettes dedans, au fond, tout au fond, là où, je te l’ai déjà dit, personne d’autre que toi ne va.

Et j’ai aimé tout ce que tu m’as fait en même temps, les caresses, les morsures, les baisers, la salive, les doigts fureteurs, les regards, les choses un peu sales dans tes yeux et ta joie de lire des choses un peu sales dans les miens.

Et j’ai aimé aussi toutes les choses qui sont venues, pendant, et après. Que tu jouisses en moi une première fois, et qu’après un court sommeil, tu reviennes me prendre, sans que l’on ne se lave ni l’un ni l’autre. Que tu te branles devant moi un moment, pas pour entretenir ton érection, mais pour me montrer comment tu fais lorsque tu es tout seul, parce que tu sais que cela m’excite. Que tu me laisses lécher tes couilles pendant que tu t’envoies en l’air, puis que tu me demandes de cracher sur ta bite pour que ta main glisse mieux. Que tu te branles dans ma bouche, aussi. Que tu me demandes de revenir sur toi pour laisser exploser mes émotions, ma joie et ma colère, mon trop-plein d’énergie, et que tu me laisses cracher, encore, tout mon jus sur tes couilles et ton ventre. J’ai aimé ton odeur aussi, l’odeur de ton sexe, surtout quand elle est mélangée avec l’odeur du mien, surtout quand il a bien baigné dans ton foutre et le mien, peut-être parce que, comme tu me l’as dit, je suis un peu chienne…

Et j’ai aimé, aussi, justement, que tu reviennes sur moi, encore et encore, et que tu me fasses prendre des positions improbables pour mieux me la mettre plus profond, et que tu me demandes de me dépasser, de te regarder dans les yeux, et de te dire tout ce que je pense, et combien j’aime ta queue, et combien j’aime que tu me la mettes, et combien elle me fait jouir, et j’ai aimé que tu m’emmènes au bord de l’évanouissement, j’ai aimé ne plus retrouver mon souffle, et éclater en sanglots, et sentir mes veines, dans mon crâne, palpiter et prêtes à exploser, et j’ai aimé jouir, crier, jouir encore, en regardant ton visage, et te regardant dans les yeux, en te regardant me regarder, en t’écoutant me dire que c’est trop bon d’être dans ma chatte, et que tu me feras tout ce que je veux, que ta queue est à moi, que j’en fais ce que je veux, que je peux même me la mettre où je veux, que tu me laisseras faire tout ce que je veux tant que je serai chienne comme je peux l’être…

Et j’ai aimé, moi, venir sur toi, et te faire jouir encore une fois, j’ai aimé te demander de tout lâcher dans ma petite chatte qui justement s’active pour toi, j’ai aimé bouger vite et fort pour que tu me dises que c’est moi qui te baise et pas l’inverse, et j’ai aimé bien serrer tous mes muscles autour de ta grosse queue pour lui faire cracher tout son foutre jusqu’à en faire déborder mon con, et j’ai aimé t’entendre crier toi aussi en déchargeant et en t’accrochant à mon cul comme si c’était la seule chose sur Terre qui pouvait t’empêcher de sombrer.

J’ai aimé dormir contre toi. Ton souffle chaud. Tes ronflements, même. J’ai aimé ton haleine du matin, lorsque tu m’as dit « Bonjour ! ». J’ai aimé que tu quittes ma maison avec moi, parce que je partais travailler. J’ai aimé que tu m’emmènes jusqu’au quai du rer, et que tu me tiennes la main sur le trajet. J’ai aimé que tu m’embrasses avant de me quitter, et que tu me dises que tu voulais bien qu’on aille au cinéma dans la semaine comme je te l’avais proposé.

Et j’ai aimé te regarder t’éloigner avant de prendre mon train. J’ai aimé, tout.

J’ai même aimé me dire, là, toute seule sur le quai, que pendant toutes ces années ensemble, j’aurais dû te dire, en fait, que je t’aimais.
Puis je me suis souvenue que si je te l’avais dit, tu n’aurais probablement rien répondu.
Alors j’ai pris mon train, la tête pleine de souvenirs, mais sans regrets.
Parce que je ne te cache pas que moi-même, je suis meilleure maîtresse que femme…

Un autre regard…

8 juillet 2013 – 11 décembre 2013. Jours d’abstinence : 6

18h. Je viens de sortir du taf et j’arrive en gare de Melun, pour prendre le rer D. J’aime ce trajet parce qu’il est peu fréquenté : un autre train, direct celui-là, part à peine plus tard, et les voyageurs pressés préfèrent donc l’attendre un peu, mais arriver plus vite. Je comprends leur logique, mais je ne la partage pas : personnellement, j’ai besoin de quiétude plus que de toute autre chose.

Je monte, et si le quai reste bondé, la rame est quasiment déserte, comme prévu. Je remarque un petit attroupement à l’autre bout du wagon, mais n’y prête pas attention. Je me dis qu’un groupe d’amis a tout simplement investi le petit compartiment isolé proche de la porte (et des toilettes) et n’y pense plus.

Et je prends place, seul, sans le grand wagon.

Un homme arrive derrière moi, après que le train a démarré. Je suppose qu’il a arpenté le wagon du haut et qu’il me rejoint sciemment. Il s’approche, me sourit, et me dit : « Eh ben dis donc, t’es pas curieux, toi ! »

Un peu surpris, je lui confirme que non, en effet. Et ne pense même pas à lui demander sur quelles bases il appuie ses conclusions. Mais il embraye direct : « T’as pas envie de savoir ce qui se passe là-bas ? », en désignant les hommes, de dos, assemblés au fond du wagon. Tiens, c’est à ce moment que je remarque que, justement, il n’y a que des hommes.

Jusqu’à ce que retentisse, sans équivoque, un rire féminin.

Le type, toujours souriant, me dit : « Bon, je te laisse tranquille, mais si tu changes d’avis, tu sais où me trouver ! » et regagne, sans se presser, le petit rassemblement. Le train entre en gare (il marque un nombre remarquable d’arrêts entre Melun et Paris) et montent, successivement, une vieille dame et un jeune homme. La première, jetant un oeil sans le vouloir à ce qui se passe dans le coin, quitte la rame précipitamment, Le second, lui, intéressé et amusé, rejoint le groupe sans même qu’on l’y invite… et semble le bienvenu. Il se greffe derrière une rangée de badauds qui s’écartent un peu pour le laisser mieux voir ce qu’il y a à voir, tandis que le gars qui avait tenté de me recruter lui tape gentiment sur l’épaule comme pour le féliciter. Mais de quoi ?

Ben merde. Je crois que finalement, je ne suis pas si peu curieux que je le pensais…

Je me lève, et m’approche, à pas comptés. Si lentement que nous entrons à nouveau en gare avant que je n’arrive aux portes. Et je peux voir dans les yeux exorbités d’un grand noir encore sur le quai qui vient de voir ce qui se passe à travers la vitre du petit compartiment, que ce que j’essaie d’atteindre est complètement fou. Et d’ailleurs, l’homme ne monte pas, préférant visiblement attendre le prochain train qu’assister à un truc pareil.

Dans mes oreilles, des rires gras, et des commentaires dont je ne distingue pas la teneur exacte en raison de la gravité des voix et du vacarme ferroviaire. Mais au plus j’avance, au plus les propos sont clairs… et proprement surréalistes !

« – Oui, lèche bien, comme ça, oui, suce bien mon copain aussi maintenant, vas-y, les deux, prends les deux dans ta bouche, mais vas-y putain, ouvre grand putain, tu vas voir si ça rentre pas, sors ta langue, les couilles, aussi, les miennes, non, les siennes, prends-les, en entier, tout le paquet pendant que je me branle, viens, je vais cracher, tire bien la langue, que je te mette tout au fond, tiens, là, prends mon foutre, petite pute, avale, avale bien, tout, ne perds rien, dans ta gorge, avale… »

Je bande. Je n’ai encore rien vu, mais je suis dur comme je ne l’ai jamais été. Et je perçois, du fond de mon émoi soudain, que ce qui me trouble le plus, ça n’est pas tant le sens des mots ni leur crudité, mais plutôt le fait qu’ils soient prononcés par des personnes différents, alternativement. Et je profite donc du mouvement des hommes qui visiblement en ont fini et se retirent pour m’approcher encore et découvrir enfin une scène dont je soupçonnais tout sans oser y croire.

Elle est rousse. Assise au bord d’un siège, les jambes écartées pour plus de confort, elle porte un jean et une chemise à peine entrouverte sur une opulente poitrine dont  on ne voit cependant que la naissance. Ses mains reposent sur la banquette de chaque côté de son corps. Elle sourit tandis que trois hommes se positionnent devant elle du mieux qu’ils peuvent. Leurs queues sont aussi dures que la mienne, prête à exploser. Elle les observe chacun leur tour avec une mine gourmande des plus adaptées, se mord les lèvres, mutine, puis sort sa petite langue et vient lécher gentiment chacun des glands, méthodiquement, l’un après l’autre. Les encouragement et les ordres fusent à nouveau de toutes parts, et le même scénario se reproduit, jusqu’à ce qu’elle avale les trois foutres mêlés, consciencieusement, sans rechigner. Les trois gars se rebraguettent et s’écartent, et déjà, trois autres s’avancent. Le type qui semble maître des opérations m’interroge du regard, mais mon instant d’hésitation me déssert et trois queues se mettent en place. Chaque participant dépose alors, dans une casquette rouge que je n’avais pas remarquée, posée sur le siège devant elle, un billet de 5 euros. Devant mon incompréhension manifeste, mon acolyte m’explique : « – Elle était devant la gare, et n’avait pas de quoi se payer son ticket, alors j’ai parié avec elle qu’elle pourrait se faire facilement une centaine d’euros entre Melun et Paris, par ce biais, t’en penses quoi ? ». Je ne réponds même pas, mais me demande sérieusement comment j’ai pu ne pas remarquer leur manège sur le quai avant de monter, puisque j’étais sur Melun moi aussi… Il y avait du monde, mais quand même…

Les grognements de jouissance d’un p’tit rebeu super bien monté me tirent de ma torpeur interloquée. Et le même sketch se reproduit, encore, et encore, et encore. Je ne débande pas, et ma queue est douloureuse maintenant, sa gorge me fait envie, c’est comme si je sentais sa langue sur moi à chaque fois qu’elle honore un sexe d’une caresse ajustée ou d’un franc lapement. J’ai conscience que je dois être en sueur, que j’ai besoin de gicler, que tout ça me rend fou… mais je ne peux me résoudre à payer, je ne sais pas pourquoi. Pourtant, la situation a fait naître une certaine bestialité en moi, voir cette jeune femme s’avilir ainsi me donne envie de lui faire subir bien pire que de seulement baiser sa petite bouche de pute. C’est peut-être ça, le truc : si je commence, je ne sais pas si je pourrais me contenter de ce qu’elle propose, et ce qui gronde en moi ne me plaît pas forcément.

Les gares défilent. Les bites aussi. Nous entrons Gare de Lyon, et tout le monde descend, sauf la fille, le gars, et moi. Je profite de ce moment pour m’isoler dans les toilettes, et au moment où je ferme la porte, la garce me lance « – Tu vas te branler ? C’est dommage ! », en riant. Trainée ! Comme si je n’avais pas suffisamment conscience d’avoir laissé passer ma chance…

Je libère enfin ma queue, et je n’ai besoin que de la prendre en main pour qu’elle crache tout ce qu’elle sait dans la cuvette. Je passe de l’eau sur mon visage, me dévisage, et ressors. Ils ont disparu.

Sur le quai, au loin, une casquette rouge, vissée sur la tête du « recruteur ». Il marche gaiement, tenant par la main la rousse, qui lui vole de temps en temps un baiser entre deux regards complices…

Tu veux jouer ? On va jouer !

Temps d’abstinence : 3 jours

« – T’es vraiment qu’une chienne ! »
J’encaisse l’insulte, mais ma coupe de champagne manque de me tomber des mains. R et X me dévisagent avec des yeux ronds comme des soucoupes. A priori, eux seuls ont entendu l’invective dont je fais l’objet, mais je me recroqueville quand même, par réflexe, en priant de façon insensée pour que le sol ne m’engloutisse pas. Je n’ose même plus respirer.

« – Va m’attendre dans la voiture ! »

Mon homme me tend ses clés, et je file sans demander mon reste. Je ne dis même pas au revoir à R et X, parce que je n’ai aucune idée de quelles pourraient être les conséquences. Mon homme est imprévisible, quand il décide de jouer, il n’avertit pas. Et il peut aller très loin.

Je quitte donc la fête, et nos amis interloqués, et trottine gentiment vers la voiture. Je l’attends un moment qui me semble durer une éternité : je sais qu’il le fait exprès, qu’il me laisse cuire dans mon jus, sciemment. Il me laisse imaginer à quelle sauce je vais être mangée, et il sait à quel point cela m’excite : il ne sera pas étonné, s’il décide d’aller vérifier, de voir à quel point je suis déjà mouillée.

Mais non : il entre dans l’habitacle, et ne dit pas un mot. Je me fais toute petite, et aussi discrète que possible. Le trajet n’est pas long, je comprends au chemin que l’on emprunte qu’il me ramène chez nous. Il est d’une indifférence insupportable, mais son regard dur sur la route et ses gestes un peu brusques me montrent qu’il est toujours en colère contre moi, quoi que j’aie fait. Et j’aime ça. Parce que je sais qu’il va me le faire payer, et que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, je ne serai pas forcément perdante. Dans ce jeu-là, qui gagne, qui perd ? Personne, et tout le monde. Et dans tous les cas, pas toujours celui qu’on croit.

Nous arrivons. Je suis gênée par le bruit de succion obscène qu’émettent mes cuisses humides lorsque je sors de la voiture, mais il ne le commente pas. Le silence est pesant, dans l’ascenseur. J’entre dans notre appartement, et il m’ordonne d’aller attendre dans le salon. Je reste plantée entre le sofa et la table basse quelques instants. Puis il arrive et s’assoit sans un mot pour moi, une fois encore. Je n’ose pas bouger, ni demander pardon, il ne vaut mieux pas, et de toute façon comme je ne sais pas ce qui lui a déplu dans mon comportement je ne saurais même pas par où commencer.

« – Mets-toi là-bas, devant la télé. »

Je m’exécute. Il m’observe longuement. Je suis heureuse qu’il me regarde enfin, mais je ne le lui montre pas, c’est trop risqué. Il me donne des instructions, et je tourne sur moi-même comme il me le demande, pour qu’il m’examine sous toutes mes coutures. Tout mon corps est moite, et je suis si excitée que j’ai du mal à tenir debout.

« – Tu as vu comment tu es habillée ? Un chienne, vraiment. Tu n’as pas honte ? »

Nous y voilà. Mais je n’y comprends rien. Je porte un tailleur noir tout ce qu’il y a de plus sobre. Un décolleté léger qui réussit l’exploit d’atténuer les rondeurs de mes seins plutôt que de les mettre en valeur. Une jupe droite qui m’arrive aux genoux, et des escarpins vernis noirs, sans fantaisie. Pas de quoi s’indigner. Je l’interroge du regard. Du regard seulement, parce que le jeu a vraiment commencé et que je n’ai plus le droit de dire un seul mot. A moins qu’il me le demande, évidemment.

Il ricane : « – Tu ne vois pas ce que je veux dire, hein ? Mais tout est là, dans ta tenue. Et dans ton attitude aussi, quand j’y pense. Tu fais ta bourgeoise, là, avec ton tailleur, mais tu crois que je ne t’ai pas vue faire les yeux doux à mes potes ? Te trémousser comme une catin ? Histoire qu’ils puissent imaginer tout à loisir comment tu bouges quand on te baise et ce que tu portes sous ta jupe ? Même moi, qui suis ton mec depuis un sacré paquet d’années, et qui sais tout ça, je t’observais de loin, et je ne pouvais pas m’empêcher de me le demander. Mais ça n’est pas difficile à savoir, en fait. Il suffit de te voir bouger, et de t’entendre rire. Tu ris comme tu jouis, à gorge déployée, tu ne sais pas te retenir, tu es une truie, tu le sais ça ? Tout ce que ton ventre veut, tout ce que ton ventre sait faire, tout est inscrit sur ton visage, sur ta petite gueule de pute. De pute, oui. Parce que les filles comme toi, les hommes sont prêts à les payer, pour vérifier si elles donnent vraiment tout ce qu’elles promettent. Et tu le leur donnerais, toi, j’en suis sûr. R et X te regardaient comme des adolescents devant leur premier film de cul, et je les ai vus, et je suis certain que tu les faisais bander. Et que c’est ce que tu voulais. Dis-moi la vérité : tu voulais qu’ils te désirent ? Qu’ils bandent pour toi ? Qu’ils aient envie de te la mettre ? Avoue !  »

Je reste interdite. Je ne comprends pas son délire : jamais il n’est allé si loin, et jamais, surtout, ce qu’il me reproche n’a été aussi éloigné de moi. R et X ? Qui sont ses amis depuis des années, avec lesquels je n’ai jamais entretenu aucune  ambigüité, et qui me paraissent, pour tout dire, peut-être vaguement sexués, mais de loin, en toute sincérité.

« – Qui ne dit mot consent ?  »

Je reprends mes esprits rapidement.

« – Non, je t’assure.

– Non quoi ?

– Non, je n’y pensais pas, vraiment !

– Tu n’y pensais pas… Vraiment ? A aucun moment tu ne t’es dit que tu aurais bien aimé qu’ils aient envie de savoir ce que tu portes sous ton tailleur ?

– Non, je t’assure.

– Menteuse ! Approche, je vais te montrer, moi, ce que tu es en réalité, sale vicieuse…  »

Je m’approche de lui prudemment. Je le trouve beau, posé comme ça sur le canapé, nonchalant, méprisant. Je me poste entre la table et lui, face à lui.

« – Tourne-toi. Je ne veux pas voir ta gueule. Tu te comportes comme une catin, je vais te traiter comme une catin : et les putes n’ont pas de visage. Tourne-toi, montre-moi ce que tu as de meilleur…  »

Je lui tourne donc le dos, debout entre ses jambes. Il ne dit rien pendant un moment, mais je sens ses yeux sur moi.

« – Tu dis que tu ne voulais plaire à personne, ce soir, hein ? Je suis prêt à te croire… A condition que tes dessous soient aussi sages que ta tenue. On est d’accord ? Si tu portes là-dessous une sage culotte blanche, en coton, comme une écolière, je te laisse tranquille, tu pourras aller te coucher. Mais s’il s’agit d’autre chose… Allez, soulève ta jupe ! »

Il sait très bien que je ne porte pas les sous-vêtements qui me sauveraient ce soir… Tout simplement parce que je n’en possède pas ! J’attrape le bas de ma jupe, et le remonte petit à petit… Lentement, parce qu’il aime ça. Et parce que moi aussi j’aime ça, je l’avoue…

Millimètre par millimètre, le tissu court sur mes jambes… et je sais, à son petit cri de surprise, derrière moi, que ma peau est désormais visible, en haut de mes cuisses, au-dessus de mes bas… et qu’il ne peut plus ignorer que la lingerie que je porte est de couleur rouge, car mon  porte-jarretelles doit lui aussi être visible. Mes mains continuent leur ascension. Il ne dit rien. Il ne commente pas. Pas encore. L’étoffé frôle maintenant mes fesses, monte encore, dévoile mon cul en entier, et s’accroche sur mes hanches, pour y rester. Je n’ai plus besoin de tenir ma jupe, elle repose gentiment sur mes reins. J’attends la sentence, sans bouger. Il ne peut réprimer un sifflement admiratif.

« – Tu as vraiment un gros cul… Et tu es une sale menteuse ! Un porte-jarretelles, rien que ça ! Et un string ! Et tout ça, rouge, évidemment, sinon ce ne serait pas drôle ! Tu t’es dit quoi, en t’habillant, avant de sortir ? ça t’excite, hein de te savoir habillée en pute sous ta tenue de secrétaire ? Tu t’imagines ce que se diraient les hommes s’ils le savaient, et ça te fait mouiller, hein ? Avoue !

– Non, je n’y pense pas, c’est seulement pour moi, je trouve ça joli, c’est tout.

– C’est tout ? Ça ne te fait pas mouiller de t’imaginer ce qu’on penserait de toi si on le savait ?

– Non.

– OK, je vais vérifier. On va voir si tu mens encore. Et si c’est le cas, tu vas voir ! Assieds-toi sur moi. A reculons. Non, agenouille-toi sur moi, de dos. Une jambe de chaque côté des miennes. Bien, comme ça, oui. Et maintenant, prosterne-toi !  »

La position est très inconfortable. Il est assis, et je suis à genoux sur lui, les coudes posés sur la table basse, un peu en rappel. Mais surtout, je sais que je ne peux rien lui cacher de mon anatomie. Mon cul ouvert, déployé, est sous ses yeux, offert. Il rit, et je comprends alors qu’il n’en perd pas une miette, et que ça l’amuse follement.

« – Mais qu’est-ce que c’est que ce string que tu portes ? Il est tellement fin que je vois ton trou du cul s’arrondir autour, et qu’il cache à peine ta fente ! Et puis tu fais ta précieuse, depuis tout à l’heure, mais il ne ment pas lui : il est trempé ! A ta place, j’aurais honte ! Tu mens comme tu respires, et ça te fait mouiller comme une truie, en plus. Je suis sûr que tu veux que je te touche, que je déshabille tes trous pour mieux les voir, et que je te les caresse. Ose dire que non, petite cochonne ! »

Je n’ose pas, non, dire non. Je sais que je ne peux plus mentir, de toute façon, et qu’acquiescer serait trop dangereux. Alors je me tais, et je me laisse couler. Il caresse mes fesses avec une étonnante douceur, et parcourt d’un doigt inquisiteur les contours de mon petit trou. Je sens mes muscles se contracter violemment, de façon quasi-spasmodique.

« – Ça te plait, hein ?  »

Je ne réponds pas. Mon cul parle pour moi. Je sens que mon homme repousse maintenant la ficelle de mon string sur le côté, et qu’il palpe franchement mon trou du cul, qui lui résiste un peu. Il crache alors un peu de salive, mais n’arrive pas à forcer l’anneau. Je suis sensible, derrière, et peu habituée à ce genre d’exercice, bizarrement. Son pouce se fraye un passage, péniblement. Il me fait mal, mais je n’ose pas manifester ma réticence. Il la sent, cependant.

« – Quoi ? T’es pas contente ? On se promène en porte-jarretelles mais on ne veut pas prêter son cul ? T’es même pas une chienne, en fait, tu es ce qu’on fait de pire chez la femme, une sale allumeuse ! Mais crois-moi, tu vas me les donner, tes trous, et quand je les voudrai !  »

Il force encore un peu, et soudain éclate de rire.

« – J’suis con, c’est pas assez mouillé, derrière, c’est tout, mais si je veux que ça le soit, j’ai qu’à aller me servir à la source !  »

Il découvre alors ma chatte qui, elle, dégouline, plante deux doigts au fond sans prévenir, et ramène tout le gluant qu’il y trouve jusqu’ à mon anus, qui s’ouvre alors sous son pouce, comme par magie. Je ne ressens plus aucune douleur : juste le plaisir, et l’humiliation. Mes hanches remuent malgré moi, à la recherche de ce doigt que je voudrais sentir plus profondément en moi.

« – Mais c’est qu’il en veut, celui-là ! Et si je chatouille ton clitoris en même temps, ça donne quoi, tu crois ?  »

Il l’effleure. Et je coule. Littéralement. Je sens que je vais jouir, et il le sent aussi. Il s’affole, derrière moi, et je l’entends défaire sa ceinture, et déboutonner son pantalon. Il retire ses doigts de moi, tout à coup : je me sens alors frustrée, et je gémis éperdument.

Et soudain, c’est sa queue, sa grosse queue dure et lourde, qu’il promène sur ma fente. Il caresse mon clitoris avec, la trempe dans ce qui coule de moi, la frotte, la cajole. Il me semble devenir folle, et tout à coup, je la veux. Je la veux partout, dans tous les trous, dans mon cul, même, et je le lui montre. Quand il s’approche d’une ouverture, j’oriente mon bassin pour tenter de faciliter la pénétration. Je me trémousse dans tous les sens, me demandant pourquoi il ne comprend pas, et pourquoi il ne me prend pas.

« – Tu me dégoutes !  »

Je reste interdite, et n’ose plus remuer le petit doigt. Je le sens bouger, lui derrière moi, je sens sa main qui va et vient sur son sexe, mais il ne me touche plus, il me laisse béante, dans l’attente de sa queue qu’il me refuse. Des frissons parcourent mon corps entier, et j’attends, désespérée, gémissant de frustration.

« – Ah mais non ! Tu me veux, mais je ne te donnerai rien ! C’est trop facile ! Tu peux me supplier, maintenant, si tu veux : tu n’auras pas ma queue. Pourtant, tu me fais bander, hein, tu le sens que je suis dur. Mais je ne te donnerai pas ce que tu veux, je te ferais trop d’honneur. Tu voulais qu’on te voie, ce soir ? Et bien, je te vois, là, oui, je te vois très bien, espèce de putain, je reluque ton cul, et ta chatte juste bonne à fabriquer du jus. Et je vais t’en donner, moi aussi, du jus, tu vas voir !  »

Il se branle frénétiquement. Et dans un cri, il lâche tout son foutre sur ma fente, de mon cul à mon clitoris, en plusieurs jets crémeux qui s’écrasent sur ma chair ouverte. Je crie moi aussi, mais de dépit, et les larmes me montent aux yeux. Il essuie sa queue sur ma jambe gainée de nylon, et me dit de me lever, de me mettre à genoux sur la table, dans la même position, pour me voir de loin. La rage au ventre, je m’exécute entre deux sanglots.

« – Parfait, tout ça. Regarde-toi, tu es dégueulasse. Je suppose que tu me maudis, à l’heure qu’il est. Et que tu serais prête à te faire prendre par n’importe qui, là, j’en suis sûr.  »

Je ne réponds pas. Il se lève, me contourne, me contemple un moment, semble réfléchir à quelque chose. Triste tableau que je dois lui offrir, avec mon cul souillé et mes joues baignées de larmes. Je me sens pitoyable. Mais visiblement, ça le fait sourire. Il hésite un moment, puis lâche :

« – Tu vois, moi, contrairement à toi, je ne suis pas un chien. Et je vais te le prouver, en te donnant un os à ronger, tu veux bien ?

Je dis oui, je dis non, je ne sais plus ce que je dis, et je l’entends avec effroi – et délice – appeler R et X, qui attendaient sagement dans le couloir, sans que je le sache :

« – C’est bon les gars, je pense que je vous l’ai bien préparée, vous pouvez y aller. »

Dernier métro

Temps d’abstinence : 3h (Oui, je n’ai plus rien d’une abstinente ces derniers temps… et loin de moi l’idée de m’en plaindre !)

Je ne sais si je suis une femme complexe ou si je suis commune, mais je vais vous livrer un petit secret : il y a un homme en moi. En permanence. Il s’exprime parfois, et je lui laisse la plume, ce soir, pour qu’il puisse vous raconter à quel point, lui aussi, les transports en commun l’inspirent :

Dernier métro. Aux alentours d’une heure et demie du matin. Je rentre de chez un couple d’amis, un peu fatigué, et prends la ligne 8, à Boucicaut. Il n’y a pas grand-monde sur le quai, et encore moins dans le wagon lorsque je monte : tout au plus deux amoureux dans un coin, que je ne regarde pas plus que ça. Je pense à ma soirée qui s’est terminée un peu trop tôt à mon goût, et à l’amie de mes amis, qui m’a été présentée ce soir, et qui était tout sauf bandante. Depuis que ma période de célibat traîne en longueur, tous mes amis casés essaient de me caser, dans un élan de solidarité incompréhensible – et totalement subjectif. En toute honnêteté, cela me rend bien service lorsque leurs intuitions concernant mes attentes et mes envies en matière de femmes sont les bonnes. Mais lorsque le physique de la présumée fille de mes rêves se révèle aussi éloigné mes considérations réelles, j’aurais, malgré moi, tendance à ressentir un fort agacement.

J’en étais à peu près là dans mes réflexions, lorsqu’elle est montée dans le wagon, aux Invalides je crois bien. Parce que je suis un homme, je l’ai évidemment jaugée d’un coup d’œil, rapidement, de la tête aux pieds. Comme elle s’était positionnée debout,  quasiment dos à moi, je n’avais pas pu voir son visage, dont je n’apercevais maintenant que très peu de détails. Elle ne me semblait pas vraiment belle, ni si bien foutue que ça. Un corps plein, certes, plein de nichon et de cul, il y en a à qui ça plaît, mais ça n’est pas un critère de sélection pour moi. Ce qui a fait que je me suis un peu attardé, c’est qu’elle était habillée comme si elle n’avait pas conscience de toutes ces rondeurs : une jupe droite, des talons hauts, et un genre de t-shirt un peu décolleté, qui m’aurait laissé apercevoir ses seins si je n’avais pas été assis comme un con.

Ce qui s’est passé, c’est que, pendant, que je la détaillais en ne trouvant rien d’intéressant dans sa silhouette, elle a légèrement tourné la tête vers moi, et m’a regardé, avec une lueur comme animale dans les yeux. Tout à coup, elle a dégagé quelque chose d’inhabituel, voire d’anormal, comme une sorte de magie qu’elle distillait autour d’elle, et qui opérait sans même qu’elle s’en rende compte. Une chose extrêmement difficile à décrire qui, alors que je l’avais trouvée parfaitement banale dans un premier temps, me donnait maintenant envie de la voir nue, de la toucher, de plonger mes mains entières dans son opulente chevelure d’un roux si sombre et si profond qu’il ne pouvait pas être naturel… Et elle, elle me dévisageait avec un air de défi, un sourire en coin sur ses lèvres fines, comme si elle lisait sur ma figure toutes les phases par lesquelles j’étais passé en la matant.

Je devais changer à Strasbourg Saint-Denis ou à République pour récupérer la 9, mais je me disais qu’il fallait absolument que je prolonge ce moment, quitte à devoir payer un taxi après. Comme elle descendait  à Strasbourg-Saint-Denis, je lui ai emboîté le pas, soulagé.  Elle se dirigeait aussi vers la 9, et une fois que j’ai été sûr que c’était bien là qu’elle allait, je l’ai dépassée dans les escaliers, histoire qu’elle ne pense pas que je la suivais. J’ai marché jusqu’au bout du quai, pour voir si elle y viendrait aussi : je prenais le risque qu’elle s’arrête avant et me fasse comprendre que notre petit jeu devait cesser, mais cela n’a pas été le cas, et elle est venue attendre le prochain métro pas trop loin de moi, perchée sur ses talons, le nez en l’air.

Quand la rame est arrivée, nous sommes tous les deux montés dans le même wagon, et sans même nous consulter du regard, nous nous sommes installés face à face sur des strapontins. Nous n’étions qu’à un mètre l’un de l’autre, et je ne pensais qu’à une seule chose, que c’était trop loin pour que je respire son odeur, ce qui me rendait fou. Nous avons passé République et Oberkampf sans que personne ne monte, ce qui est plutôt rare de jour comme de nuit, même en semaine, et puis tout est allé si vite que je ne suis toujours pas sûr d’avoir bien compris ce qui s’est passé.

Alors qu’elle regardait fixement par terre, elle s’est avancée un peu, pour s’asseoir tout au bord du siège. Elle a posé délicatement un doigt parfaitement manucuré d’écarlate sur son genou droit, et l’a fait glisser, lentement, jusqu’à l’ourlet de sa jupe, qu’elle a entrainé dans son geste, et qu’elle a remonté le long de sa cuisse. Elle est restée comme ça, pendant un moment – 2 ou 3 stations, jusqu’à Nation, pour être précis. Trois personnes sont montées, et se sont assises à l’autre extrémité du wagon, derrière elle, ne pouvant donc pas la voir. Et puis quand le métro a redémarré, elle a levé les yeux vers moi et les a plantés droit dans les miens. Elle est moi nous sommes dévisagés, sans bouger, longtemps, puis, le temps d’un battement de cil, elle a subitement écarté les jambes. Je suis reste pétrifié, et n’ai même pas pu baisser les yeux sur ce qu’elle me montrait. Elle souriait, les cuisses ouvertes, avec un petit air effronté et j’ai résisté tant que j’ai pu, me sentant curieusement plus honteux qu’elle, mais j’ai fini par céder, et j’ai touché du regard ce qu’elle m’offrait.

Sa vulve, nue. Complètement nue. Pas de sous-vêtements, pas de poils pour cacher les œuvres vives, rien. La terrible érection dont je n’avais pas eu conscience jusqu’ici, trop occupé que j’étais à soutenir son effroyable regard, est devenue douloureuse quand j’ai considéré ce qu’elle étalait avec autant d’aplomb. Elle me fixait toujours intensément, mais je n’avais d’yeux que pour sa chatte, dont je voulais examiner chaque détail, du clitoris plutôt petit et d’un beau rose nacré aux petites lèvres violacées et trempées d’une mouille épaisse qui suintait jusqu’à son périnée puisque rien ne pouvait l’absorber en chemin. J’ai porte ma main à ma queue gonflée, ne sachant même pas ce que j’avais l’intention de faire : la sortir ? Me branler ? Je ne pouvais plus réfléchir, je n’avais même plus peur que quelqu’un nous voie, ou pire, monte dans la rame. J’étais dans un autre monde, avec rien que cette petit chatte qui s’ouvrait pour moi tout seul, et j’ai commencé à me frotter à travers mon jean, quand elle s’est adossée un peu plus à son siège, en levant un peu les jambes, exhibant en toute impunité son trou du cul tout brun et tout plissé. Et ruisselant. Déglutissant avec de plus en plus de difficultés, j’ai failli me lever, par réflexe, pour la rejoindre, mais je me suis souvenu à temps  des trois gars dont la présence me réduisait au rang de voyeur, de petit con timide qui n’osait pas aller au bout de ses envies, alors que j’aurais voulu évidemment mettre tous mes doigts dans cette petite garce, vraiment, lui coller mes doigts partout dans le con et dans le cul, la branler fort et la faire couler, jouir, et crier…

Quelques minutes à peine s’étaient écoulées, mais il me semblait que le temps s’était arrêté. Maraichers, les trois gars du fond sont descendus. Nous étions seuls. J’aurais pu me lever, et la traiter comme j’avais envie de le faire, mais cette petite salope ne m’en a pas laissé le temps. Sa chatte, déjà écarquillée, s’est contractée comme si elle prenait une profonde inspiration, puis s’est déployée, me laissant voir le rose plus cru de l’intérieur de son vagin. J’ai juste eu une seconde pour me dire que, putain, je venais de contempler la peau qui est dedans une fille que je ne connais pas, quand elle laissé couler devant elle, avec un soupir qui sonnait comme un gémissement, un jet de pisse abondante et odorante, presque jusqu’à mes pieds, tout en gardant les yeux braqués sur moi. Le souffle court, je l’ai regardée pisser, la gorge nouée, et ma queue sous ma main a explosé, j’ai craché dans mon pantalon comme un écolier, sans même m’être vraiment branlé. J’avais bandé pour elle tellement fort que j’ai joui longtemps, et de façon si excessive que j’ai senti ma main s’humidifier. Effaré, j’ai baissé les yeux pour voir si je m’étais taché, ai constaté que c’était le cas, et quand j’ai à nouveau levé les yeux, le train s’arrêtait sur le quai de la station Robespierre, et elle s’était déjà rajustée et descendait du wagon, courant presque.

Je suis resté dans le métro jusqu’à la Mairie de Montreuil, les pieds baignant dans sa pisse, son odeur toujours dans le nez, ne sachant quoi, de sa chatte ou de son regard, permettait à mon érection de persister si durement malgré la copieuse décharge qui m’avait poissé les doigts à travers la toile épaisse de mon jean.